Intepréter un programme d’études (devis ministériels)

Description

Selon le RECC, un programme représente un « ensemble intégré d’activités d’apprentissage visant l’atteinte d’objectifs de formation en fonction de standards déterminés ». – Gouvernement du Québec, Règlement sur le régime des études collégiales, Article 1.

Obligations

Le collège a la responsabilité de faire établir, par chaque enseignant et pour chaque cours, un plan détaillé conforme au programme. Le plan détaillé contient les objectifs du cours, le contenu, les indications méthodologiques, une médiagraphie, les modalités de participation aux cours et les modalités d’évaluation des apprentissages. Le plan de cours est distribué aux étudiants inscrits à ce cours, au début de chaque session. – Gouvernement du Québec, Règlement sur le régime des études collégiales, Article 20.

Où trouver les programmes d’études?

Les versions électroniques (PDF) des programmes peuvent être récupérés sur le site web sécurisé InforouteFTP.org du Ministère ou dans le système d’information sur les programmes (SIP) du collège. Certains programmes d’études collégiaux sont disponibles dans la Collection numérique de la Bibliothèque et archives nationales du Québec.

Structure

Présentation du programme

La présentation du programme contribue à définir le profil de sortie du programme.

Objectifs et standards

Un objectif représente une « compétence, habileté ou connaissance, à acquérir ou à maîtriser » alors qu’un standard correspond au « niveau de performance considéré comme le seuil à partir duquel on reconnaît qu’un objectif est atteint » – Gouvernement du Québec, Règlement sur le régime des études collégiales, Article 1.

Chaque compétence est déclinée en plusieurs objectifs qui sont eux-mêmes déclinés en éléments de compétences. Les objectifs sont associés à plusieurs standards définis par les critères de performance.

Les objectifs représentent donc les cibles de formation à développer dans le cadre d’un cours alors que les standard permettent d’évaluer et d’attester l’atteinte de l’objectif. En ce sens, les objectifs permettront de définir les activités d’apprentissages et les standards permettront de définir les critères d’évaluation.

Contexte de réalisation

Situations à travers laquelle la compétence devrait être développées ou manifestée.

Interprétation des compétences

Le Guide de conception et de production d’un programme de la Direction générale des programmes et du développement définit l’opérationnalisation des compétences :

Chaque compétence doit se distinguer des autres. Elle doit porter sur un ensemble intégré d’habiletés, de savoirs, de connaissances et de comportements distincts, non visés par une autre compétence. Une habileté ou un comportement peut être compris dans plusieurs compétences, mais chaque ensemble doit avoir une teneur particulière. Une façon d’aider à formuler la compétence et ses composantes consiste à s’interroger sur ce que la personne devra faire au seuil d’entrée sur le marché du travail , plutôt que sur ce qu’elle devrait savoir. De plus, la formulation des énoncés de compétences doit satisfaire aux conditions suivantes :

  • Respecter les exigences liées au travail : Aspect du métier facile à décrire par une personne qui en connaît l’exécution et s’inscrit dans la perspective d’une réalisation attendue du métier ou de son évolution prévisible) e
  • Respecter les exigences liées à la formation : aux tâches et aux activités de travail ou de vie professionnelle qu’elles permettent de réaliser)
  • Respecter les règles d’écriture: se compose d’un verbe, à l’infinitif, qui décrit l’action à exécuter dans son ensemble, et d’un complément d’objet direct, qui précise le résultat attendu (produit réalisé ou service rendu)). Les exigences liées au travail permettent de s’assurer que les compétences formulées décrivent correctement le métier visé. Elles concernent le plus souvent la pertinence. Les exigences liées à la formation, quant à elles, visent à favoriser la reconnaissance des acquis et l’articulation des programmes d’études. Elles concernent le plus souvent l’ampleur des compétences.
  • Respecter les niveaux taxonomiques (celle de Bloom par exemple)

– Direction générale des programmes et du développement, Guide de conception et de production d’un programme, Pages 10-12

bloom

Taxonomie de Bloom

Principes directeurs et exigences ministérielles

Les Principes directeurs – Système de sanction des études collégiales (SYSEC) par objectifs et standards s’appliquant aux plans de cours sont les suivantes:

  • La sanction s’effectue par option ou par voie de spécialisation (ou voie de sortie) dans un programme pour autant que ces options ou voies de spécialisation fassent partie intégrante du programme d’études établi par le ministre. Une option ou une voie de spécialisation se distingue d’une autre par des objectifs et standards différents.
  • Il n’est pas possible d’atteindre un même objectif et standard plus d’une fois.
  • Les objectifs et standards déclarés atteints par un établissement d’enseignement dans un programme sont considérés comme universels et ils doivent être reconnus dans tous les établissements d’enseignement qui offrent ce programme.
  • Selon les prescriptions de certains programmes, il est possible de choisir un ou des objectifs et standards à atteindre parmi un choix d’objectifs et standards. (exemple, science de la nature)
  • Il est possible qu’un objectif soit atteint complètement par un ou plusieurs cours, de même qu’un seul et même cours peut contribuer à l’atteinte d’un ou de plusieurs objectifs; cependant, il n’est pas possible, en ce qui regarde un même objectif, d’établir des relations objectif-cours qui incluent d’autres relations objectif-cours. Exemple : L’objectif 00XX est atteint par les cours A et B; dans ce cas, l’atteinte de l’objectif 00XX par le cours A n’est pas reconnue. Exemple : L’objectif 00XY est atteint par les cours A, B et C; dans ce cas, l’atteinte de l’objectif 00XY par les seuls cours A et B n’est pas reconnue, alors que l’atteinte du même objectif au moyen des cours A et D pourrait l’être.

Les prescriptions ministérielles et l’élaboration locale d’un programme reprennent également les exigences du RREC (CHEVRIER, pages 10 à 22). Les dispositions suivantes s’appliquent aux plans de cours:

  • Dans un programme menant au DEC, tous les objectifs obligatoires et tous les objectifs au choix retenus par un établissement d’enseignement doivent être atteints.
  • Aucun objectif ne peut être ajouté par l’établissement d’enseignement à un programme qui a été défini par le ministre.
  • Si un cours contribue à l’atteinte de plusieurs objectifs dans plusieurs programmes, les objectifs des autres programmes au regard desquels ces liens existent ne peuvent pas être considérés comme un ajout aux objectifs du programme en cours d’élaboration.
  • La présence d’un cours dans un programme n’est justifiée que s’il est lié à au moins un objectif du programme.
  • Un cours doit absolument avoir une relation avec au moins un objectif du programme. (Aucun cours ne peut faire partie du programme s’il n’a pas une relation avec au moins un objectif du programme.)
  • Un cours peut contribuer partiellement ou complètement à l’atteinte d’un ou de plusieurs objectifs.
  • Un objectif peut être atteint au moyen d’un ou de plusieurs cours. N.B. Un cours peut contribuer partiellement ou complètement à l’atteinte d’un ou de plusieurs objectifs dans un ou dans plusieurs programmes.
  • Les liens déterminés pour atteindre le même objectif dans des programmes, des options ou voies de spécialisation ou des profils différents ne doivent pas contenir d’inclusions fautives.
  • Le nombre total d’unités retenu dans l’élaboration locale du programme doit être égal au nombre d’unités déterminé dans le programme.
  • Le nombre total d’heures-contact lié à la mise en œuvre locale du programme doit être égal au nombre d’heures-contact déterminé dans le programme.
  • Pour tout programme qui comporte une liste des disciplines autorisées, aucune discipline autre que celles qui sont mentionnées dans la liste ne peut être employée dans l’élaboration locale du programme.

Les différents outils de planification

Plan de cours et plans cadres

Intégration dans les plans cadres

Afin de respecter les principes et exigences cités ci-haut, l’utilisation des objectifs et des standards des programmes d’études dans les plans-cadres devraient être effectués de manière intégrale. Cependant, la séquence des éléments de compétences peut être revue pour favoriser l’apprentissage.

Elles permettront de définir le contenu essentiel permettant de développer les objectifs et d’atteindre les standards établis. Les contenus essentiels correspond aux concepts, techniques et stratégies à mobiliser par l’étudiant pour mettre en oeuvre sa compétence.

La lecture de la cible ministérielle (l’objectif-standard) doit porter sur toutes ses parties interreliées. Donc, on ne lit pas seulement l’énoncé de compétence. Celui-ci n’a de sens qu’en l’accompagnant de ses éléments de compétence, du contexte de réalisation et des critères de performance.

[…] Il est primordial de décoder « l’objectif-standard » décrit dans les documents ministériels. L’énoncé de compétence, les éléments de compétence, le contexte de réalisation et les critères de performance nous informent sur le résultat à atteindre à la fin du cours (ex. en formation générale complémentaire) ou à la fin du programme de formation (ex. formation spécifique technique). – Authier, Bonin, pp 17-18)

Intégration dans les plans de cours

Pour favoriser la cohérence de la formation, les objectifs peuvent, dans certaines mesures, être interprétés dans les plans de cours afin de proposer une progression des apprentissages pertinente. Ainsi, au contenu, s’ajouteront les activités d’apprentissage et d’évaluation.

Ressources